AHMAD JAMAL

Né à Pittsburgh (formidable vivier de musiciens : Kenny Clarke, Art Blakey, Earl
Hines...) en Pennsylvanie le 2 juillet 1930, Ahmad Jamal commence le piano dès l’âge
de trois ans. «La musique a décidé pour moi. Elle est venue à moi. Elle m’a trouvé, pas
le contraire. J’étais âgé de trois ans, et je me suis mis au piano. Et voilà. A cet âge-là,
on ne prend pas de décisions, on se laisse guider par son instinct. C’est en vous.

Mes parents ont pris conscience de ce talent, de ce cadeau. J’ai pris des cours pour le
nourrir. Pour économiser le dollar nécessaire, ma mère dédaignait les transports en
commun !».

Il fréquente la Westinghouse High School. A huit ans, il interprète Chopin,
Liszt, Gershwin. « A l’âge de onze ans ? je gagnais déjà ma vie comme musicien. Je
n’allais plus au collège » et signe sa première pièce pour big band. Il débute sa carrière
professionnelle dans l’orchestre de George Hudson dès 1947.

L’exemple même du musicien précoce. En 1949, il fonde son premier trio, The Three Strings (avec Ray
Crawford à la guitare et Eddie Calhoun à la basse), une formation qui n’est pas sans
évoquer bien sûr celle de Nat King Cole, alors en pleine vogue : « On a toujours voulu
voir en moi l’héritier de Nat Cole, mais mon influence majeure s’appelle Erroll Garner.
D’abord, il faut que vous sachiez que lorsque j’étais gamin, à Pittsburgh, je me suis
essayé à toutes les combinaisons. Duo avec saxophone ténor, piano solo, duos avec
trompette, percussions ou voix, quartette, quintette, sextette... tout ce que vous
pouvez imaginer. Ce qui fait qu’à dix-sept ans, j’avais quasiment tout fait ! Mon centre
d’intérêt principal ce n’est pas le répertoire mais l’orchestre ; et en guise d’exercice
pour l’écriture, j’avais mon orchestre : le trio... Ce qui m’intéressait, c’était de lui
conférer le plus gros son possible. Travailler en trio c’est un peu travailler à l’ancienne.
Une forme d’art perdue. Parce que les possibilités ouvertes par la formule du trio sont
innombrables, vous pouvez l’orchestrer, l’arranger, le raisonner en tant qu’orchestre.
Lorsque j’etais avec Ray Crawford, tout était écrit ; j’ai encore le recueil « gros comme
ça » des partitions ! Mon grand plaisir, c’était d’écrire pour la plus petite formation et
de  la  faire  sonner  comme  un  grand  orchestre  ».

Cette biographie reprend des extraits de presse des média suivants : Le Monde,
Libération, La Provence, L’Express, Le Figaroscope, Le Nouvel Observateur, Jazz
Magazine, Jazzman, So What, Piano Magazine, Keyboards...